Publicis Groupe a accéléré au troisième trimestre. La croissance organique du revenu net atteint +5 %, contre un rythme un peu plus bas au premier semestre, pour un revenu net de 3,808 milliards d’euros (communiqué Publicis). Le champion français de la publicité creuse l’écart avec ses rivaux Omnicom et WPP, et confirme ses objectifs pour l’ensemble de 2026 (Les Echos).
Cinq pour cent, et le consensus battu
Sur trois mois, le revenu net progresse de 7,9 % en publié et de 5 % en organique, à 3 808 millions d’euros, contre 3 529 millions un an plus tôt. Le revenu brut s’établit à 4 614 millions (+11,6 % publié, +6,9 % organique). Sur neuf mois, le revenu net atteint 11 038 millions d’euros, en croissance organique de 4,8 %.
Les Echos soulignent que Publicis bat le consensus des marchés et que sa capitalisation dépasse désormais celles d’Omnicom et de WPP. Arthur Sadoun, président-directeur général, parle d’un « très bon T3 » et du « 25e trimestre de surperformance ».

Connected Media tire la croissance
Connected Media, qui représente 62 % du revenu net, progresse en « high-single-digit » organique. Le groupe met en avant les gains de parts de marché, la demande pour des produits et services alimentés par l’intelligence artificielle, et l’ouverture de nouveaux marchés. Intelligent Creativity (25 % du revenu net) avance en « low-single-digit », portée par le new business et l’extension des services.
Technology (13 %) reste en baisse organique « low single digits » au niveau mondial, mais s’améliore séquentiellement. Les États-Unis, première géographie de Publicis Sapient, sont déjà revenus à la croissance. Le groupe attend un retour en positif de l’ensemble de l’activité Technology au quatrième trimestre.
La France à +4,5 %, les États-Unis à +4,5 %
L’Amérique du Nord pèse 2 347 millions d’euros de revenu net au trimestre (+4,4 % organique). Les États-Unis seuls, 59 % du total, croissent de 4,5 % organique malgré une base élevée (+7,1 % au T3 2025). L’Europe progresse de 4,7 % organique : la France à +4,5 %, l’Allemagne à +7,7 %, l’Europe centrale et orientale à +7,2 %. Hors Technology, l’Europe serait à +7,7 %.
L’Asie-Pacifique gagne 5,4 % organique, avec la Chine à +10,6 %. L’Amérique latine bondit de 23,8 %. Seul le Moyen-Orient et l’Afrique restent légèrement négatifs (−1,4 %), avec une amélioration séquentielle malgré le conflit régional.

Un Français à la tête du peloton mondial
Fondé en 1926 par Marcel Bleustein-Blanchet, Publicis est coté au CAC 40. Dirigé depuis 2017 par Arthur Sadoun, le groupe s’est différencié en reliant data, média, créativité et technologie sous une organisation unique, le « Power of One ». Cette année, il a enchaîné les rachats : Adge.AI (mesure et intelligence de contenu), 160over90 (sport et culture), un accord pour LiveRamp (données), et Point d’Orgue côté creator economy en France.
Pour la France, le signal est clair. Un groupe parisien tient la tête du classement mondial de la communication face aux géants américains et britanniques, gagne des parts de marché et finance sa croissance par un free cash flow attendu autour de 2,2 milliards d’euros en 2026. Les clients français et européens bénéficient d’une plateforme capable de rivaliser partout, y compris aux États-Unis.

Objectifs tenus, 2027 déjà dans le viseur
Publicis réitère une croissance organique du revenu net entre +4,5 % et +5 % pour 2026, avec un quatrième trimestre dans la fourchette annuelle. La marge opérationnelle doit légèrement dépasser le record sectoriel de 18,2 % atteint en 2025. Au-delà, le groupe vise une croissance annuelle moyenne à taux de change constant du revenu net de +7 % à +8 % en 2027 et 2028, et du BNPA ajusté de +8 % à +10 %.
Arthur Sadoun affirme que le new business record place Publicis « une nouvelle fois en tête des classements » et donne de la visibilité pour 2027, année où le groupe vise une huitième surperformance consécutive du marché.
Ce qui peut freiner
Plusieurs risques restent affichés dans le document d’enregistrement. La conjoncture macroéconomique, la guerre au Moyen-Orient qui pèse sur certains clients de Publicis Sapient au Royaume-Uni, la prudence des entreprises sur les grands projets de transformation digitale, et l’intégration de LiveRamp après l’émission obligataire de 500 millions d’euros en septembre. Le secteur se recomprime aussi autour de trois acteurs mondiaux : une consolidation qui peut aider Publicis, mais qui durcit la concurrence sur les grands budgets.


Un écart qui s’élargit
Le message du trimestre est sec. Publicis accélère, gagne des parts de marché là où l’IA transforme le média et la créativité, et garde une rentabilité que ses pairs n’atteignent pas. Pour un CAC 40 français, c’est une preuve concrète que l’on peut dominer un métier mondial depuis Paris.



