Jeudi 15 octobre, Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l’Énergie, a présenté le deuxième volet du plan d’électrification. Dix-sept mesures, rassemblées sous le titre « L’énergie de notre pouvoir d’achat », ciblent le chauffage, la voiture et le pilotage des appareils, six mois après le lancement du plan en avril, détaille jechange.fr à partir du dossier de presse. L’objectif affiché : faire baisser les factures en poussant ménages et petites entreprises à quitter le pétrole, le gaz et le fioul, alors que 60 % de l’énergie consommée en France reste fossile et importée, pour près de 60 milliards d’euros d’importations par an.

Couper le gaz, sortir du fioul

Le cœur du texte porte sur le logement. Dans 109 territoires d’électrification — dont la Métropole de Lyon —, les habitants qui coupent leur raccordement au gaz pourront recevoir jusqu’à 1 000 € par logement, une fois les zones précisées d’ici mars 2027. Chaque territoire doit rendre une feuille de route avant le 1er décembre 2026.

Les foyers encore chauffés au fioul — 2,6 millions de ménages — sont aussi ciblés. L’exception qui permettait encore une chaudière neuve compatible biofioul à 30 % disparaîtra ; les textes sont annoncés avant le 1er mars 2027. L’État veut diviser par deux le nombre de foyers au fioul d’ici 2030, dont 200 000 dans ces territoires. Dès fin novembre, un accompagnement dédié y est prévu : radiateurs électriques prêtés pendant la transition, aide au dépôt de cuve, chèques énergie conditionnés à l’installation d’une pompe à chaleur. L’enveloppe citée atteint 50 millions d’euros pour environ 100 000 ménages.

Pompe à chaleur air-eau installée contre un mur extérieur, photo d’illustration
Pompe à chaleur air-eau : à partir du 1er janvier 2027, l’aide passera par un guichet unique, sans délai d’instruction MaPrimeRénov’. © Shixart1985 / CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Un seul guichet pour la pompe à chaleur

À partir du 1er janvier 2027, les pompes à chaleur air/eau et géothermiques ne seront plus aidées que par les certificats d’économies d’énergie, sans MaPrimeRénov’. L’aide sera accordée d’emblée. Pour une maison de 90 m² en zone climatique H1, le gouvernement chiffre une aide moyenne de 11 500 € pour les ménages très modestes, 8 400 € pour les modestes, 7 650 € pour les intermédiaires et 4 200 € pour les revenus supérieurs, selon jechange.fr.

Les offres intégrées (pose, entretien, électricité à prix fixe pendant trois ans) sont déjà aidées à hauteur de 9 800 € en moyenne depuis le 1er octobre ; sept sont ouvertes, avec un objectif de 55 000 ménages modestes équipés. Chauffer 100 m² coûterait cet hiver environ 2 300 € au fioul contre 800 € avec une pompe à chaleur, avance le dossier.

Borne de recharge pour véhicule électrique sur une avenue lyonnaise
Borne de recharge à Lyon. Trente millions d’euros sont prévus pour des bornes rapides dans les territoires encore mal équipés. © Romainbehar / CC0, via Wikimedia Commons

Petite voiture à 10 000 €, borne à 500 €

Côté mobilité, l’aide aux petites électriques de catégorie L7 — jusqu’à 90 km/h, quatre places, environ 150 km d’autonomie — passe à 2 000 € (contre 900 € aujourd’hui), à condition que le véhicule neuf soit assemblé en Europe. Avec les aides, le gouvernement vise un prix accessible dès 10 000 €, cite Le Parisien. Microlino, Silence S04 ou Ligier Myli font partie des modèles évoqués.

À partir du 1er janvier 2027, une aide de 500 € est prévue pour une borne de recharge pilotable en maison. Une telle borne choisit les heures les moins chères : le budget annuel type passerait de 420 € à 270 €, selon le dossier. Les bornes de 50 kW et plus devront afficher le prix au kWh (avril 2027 pour les neuves, novembre 2027 pour les existantes), et un ticket détaillé sera obligatoire dès avril 2027. Leclerc facture déjà 17 centimes le kWh sur ses bornes, Lidl 18, soit moins de 3 € pour 100 km, souligne jechange.fr.

Microlino Spiaggina, petite voiture électrique biplace, photo d’illustration
Microlino Spiaggina : l’un des modèles de la catégorie L7 cités pour l’aide portée à 2 000 €. © Alexander Migl / CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Pilotage et « pacte de flexibilité »

L’État et les fournisseurs signent un « pacte de flexibilité » pour consommer quand l’électricité est la moins chère. Le gouvernement estime un gain jusqu’à 35 % sur recharge, chauffage et eau chaude. Dès 2027, les aides à la pompe à chaleur seront réservées aux modèles pilotables (150 à 200 € d’économie annuelle estimée). EDF vise 5 millions de clients pilotés d’ici 2030 ; Octopus Energy, 1,5 million d’équipements ; Hello Watt, 300 000 foyers d’ici 2028.

Le permis B sera étendu aux utilitaires électriques jusqu’à 4,25 tonnes (au lieu de 3,5) au 1er janvier 2027, pour compenser le poids des batteries. Les utilitaires électriques assemblés en Europe pourront toucher jusqu’à 11 000 € d’aide, avec 20 000 véhicules visés.

Compteur Linky fraîchement installé sur une façade, photo d’illustration
Compteur Linky : le plan veut en faire un outil de pilotage du chauffage, de l’eau chaude et de la recharge, au-delà des heures creuses du chauffe-eau. © Benoît Prieur / CC0, via Wikimedia Commons

Ce qui reste sur le papier

Peu de mesures s’appliquent dès cet automne. L’essentiel est calé au 1er janvier 2027, et plusieurs textes dépendent encore d’arrêtés, de décrets ou du budget. La prime « sortie du gaz » n’ouvrira qu’après la fixation des zones, d’ici mars 2027. Le Parisien qualifie le plan de « modeste » face à l’ampleur de la crise énergétique.

Reste une trajectoire claire : plus d’électricité dans le mix quotidien, moins de factures fossiles pour ceux qui basculent, et un calendrier que les ménages peuvent déjà lire. Les dossiers MaPrimeRénov’ déposés avant le 31 décembre restent instruits sur l’enveloppe 2026.

Borne de recharge électrique en extérieur dans une commune française
Borne de recharge à Jons (Rhône). Affichage du prix au kWh et ticket détaillé deviennent la règle en 2027. © Sebleouf / CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons