L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle a publié le 29 septembre 2026 la dix-neuvième édition de son Indice mondial de l’innovation. La France se classe 13e sur 139 économies, confirme sa 8e place en Europe et reste dans le top 15 mondial. Paris, lui, gagne une place et devient le 11e pôle d’innovation mondial — premier de l’Union européenne (INPI, OMPI).
Treizième mondiale, peloton stable
L’indice croise près de 80 indicateurs (recherche-développement, haute technologie, emplois qualifiés, licences de propriété intellectuelle, etc.). Aucun nouveau pays n’entre dans le top 15 cette année. La Suisse, la Suède, les États-Unis, la Corée du Sud et Singapour forment le peloton de tête ; la France occupe la 13e place, devant Hong Kong (Chine) et Israël (OMPI).
Dans le groupe des économies à revenu élevé, la France est 12e sur 54. Sa fiche OMPI 2026 rappelle aussi qu’elle produit davantage d’extrants d’innovation que ce que son niveau d’intrants laisserait attendre : 18e sur les intrants, 12e sur les extrants (fiche France OMPI).

Actifs immatériels, marques, pubs, bas carbone
L’INPI met en avant plusieurs forces françaises dans cette édition : 4e rang mondial pour l’intensité en actifs immatériels des grandes entreprises ; 5e pour la valeur des marques mondiales et pour la qualité scientifique des publications (indice H des documents citables) ; 6e pour l’usage des énergies bas-carbone ; 8e pour l’excellence universitaire (classement QS des trois meilleures) ; 9e pour les dessins et modèles industriels.
La fiche OMPI détaille aussi un 5e rang sur le volume relatif de deals de capital-risque en phase avancée, un 8e rang sur les grands investisseurs corporates en R&D, et un 7e rang mondial sur le pilier « creative outputs ». À l’inverse, les points faibles signalés incluent notamment la stabilité opérationnelle et politique pour les affaires, le ratio élèves-enseignants du secondaire, ou encore la croissance de la productivité du travail (fiche France OMPI).

Paris onzième cluster, Lyon encore dans le top 100
Le classement des 100 principaux pôles d’innovation place Paris 11e mondial (une place de mieux). Avec Londres, c’est l’un des deux seuls clusters européens du top 15. La France en a deux dans le top 100 : Paris (11e ; transport en tête des brevets PCT, physique et maths en publications) et Lyon (95e ; chimie des matériaux de base) (INPI, fiche France OMPI).
Sur cinq ans, le cluster parisien concentre, en comptage fractionnaire, plus de 16 600 demandes PCT, plus de 60 000 articles scientifiques et plus de 4 000 deals de capital-risque, selon la fiche cluster OMPI reprise dans les documents 2026.

Qui lit l’indice, et pourquoi ça compte ici
Créé par l’OMPI, l’indice est devenu un outil de politique publique : dans l’enquête 2025-2026 de l’organisation, 78 % des États membres répondants disent s’en servir pour orienter leurs politiques d’innovation (OMPI). En France, le commentaire officiel passe par l’INPI, qui souligne à la fois la stabilité nationale et la performance de la capitale.
Le contexte mondial 2026 que dresse l’OMPI est celui d’une R&D mondiale en hausse (environ 3 400 milliards de dollars attendus en 2026) et d’un capital-risque tiré par l’IA — 53 % de la valeur mondiale des deals en 2025 — alors que le nombre d’opérations continue de baisser. Un chapitre spécial cartographie plus de 30 000 start-up de « science fondamentale » (semi-conducteurs, robotique, quantique, sciences de la vie, espace, matériaux), pour une valorisation agrégée de 7 600 milliards de dollars (OMPI).

Ce que le classement ne garantit pas
Rester 13e ne dit rien à lui seul sur le rythme de conversion recherche → entreprise. L’OMPI insiste d’ailleurs, dans son thème 2026, sur les goulots des spin-off universitaires : de la preuve de concept au déploiement, les séries B et C restent rares. La fiche France signale aussi des indicateurs en recul à court terme (brevets internationaux, nombre de deals VC) malgré des publications scientifiques encore en hausse (fiche France OMPI).
Lyon qui glisse dans le top 100, un pilier « institutions » seulement 35e, et une dépendance croissante du financement mondial à l’IA rappellent que le top 15 n’est pas un acquis automatique.

Le signal utile est double et mesurable : la France tient son rang dans le club restreint des économies les plus innovantes, et Paris consolide le leadership continental des clusters. La suite se jouera moins dans le classement que dans la capacité à transformer actifs immatériels, marques et laboratoires en entreprises qui grandissent au-delà des premières levées.



