Jeudi 22 octobre, sur la longue droite d’El Sunzal, au Salvador, l’équipe de France a conservé son titre de championne du monde de longboard par équipes. C’est sa cinquième couronne, un total qu’aucune autre nation n’a atteint, annonce la Fédération française de surf. Le même jour, Alice Lemoigne est devenue la première femme triple championne du monde de la discipline.

Quinze points après une semaine de compétition

Le classement des nations s’est joué jusqu’aux dernières séries. La France termine avec 2 665 points, les États-Unis avec 2 650. Quinze points d’écart, après une semaine de compétition et 37 pays classés, selon la FFS. Le Pérou prend le bronze, le Brésil la quatrième place.

Pour les Américains, c’est la deuxième médaille d’argent de suite, souligne l’International Surfing Association (ISA), qui organise ces Mondiaux. L’ISA parle d’un cinquième titre « sans précédent » pour la France.

Alice Lemoigne, en lycra rouge, debout sur son longboard, glisse sur le haut d’une vague turquoise à El Sunzal
Alice Lemoigne pendant les Mondiaux d’El Sunzal, où elle a signé le meilleur total féminin de la semaine. © ISA / Pablo Jimenez

Alice Lemoigne, trois couronnes et un rêve d’enfant

La Réunionnaise avait déjà gagné en 2019 à Biarritz, puis en 2023 au Salvador, avant une médaille d’argent en 2025. Avant la grande finale, elle signe le meilleur total féminin de la compétition, 16,50 points, avec deux vagues notées 8,50 et 8,00. En finale, au démarrage lent, elle prend la tête dès sa première vague (6,00), puis ajoute un 7,33 et un 7,40. Elle gagne avec 14,73 points, sans jamais avoir été dépassée, devant l’Américaine Avalon Gall, la Costaricienne Lia Diaz et la Portoricaine Estorya Martinez, 14 ans.

Avec ce troisième titre, elle égale le record individuel de l’ISA, partagé par le Français Antoine Delpero et le Brésilien Marcelo Freitas, précise la FFS. Aucune femme n’y était parvenue.

« Quand j’étais petite, j’ai dit à ma mère que je voulais être championne du monde. En 2019, j’ai gagné ma première médaille d’or et elle m’a dit : “OK, tu l’as fait”. Je lui ai répondu : “Non, j’en veux plus” », a-t-elle raconté à l’ISA. Pour elle, ce titre est « le plus important », parce que « le niveau est désormais très élevé, avec de très jeunes filles qui surfent extrêmement bien ».

Alice Lemoigne, bras écartés, file debout sur son longboard le long d’une vague qui se creuse derrière elle
Alice Lemoigne lors de la deuxième journée des Mondiaux : de longs passages sur le nez de la planche, sa marque de fabrique. © ISA / Pablo Jimenez

Quatre surfeurs, deux techniciens

Le titre par équipes additionne les résultats de chacun. Champion du monde en titre, Édouard Delpero prend le bronze dans une finale masculine très relevée, remportée par le Péruvien Benoit « Piccolo » Clemente avec 17,30 points, le meilleur total des Mondiaux. Pour le Français, c’est une cinquième médaille individuelle : seul son frère aîné Antoine, avec six, fait mieux dans l’histoire de l’épreuve, selon l’ISA.

Édouard Delpero, allongé sur sa planche, rame dans l’écume face à la côte boisée d’El Sunzal
Édouard Delpero, champion du monde 2025, repart avec le bronze et sa cinquième médaille mondiale. © ISA / Pablo Jimenez

Pour sa première sélection, Louis Marchiset termine septième. Il a signé l’un des meilleurs totaux de la semaine avant d’être éliminé en repêchages. Canelle Lebreton a gagné ses deux premières séries du tableau principal avant de se blesser et de devoir abandonner : ses points ont compté. L’équipe était encadrée par le manager Jean-Robert Vignes et l’entraîneur Timothée Creignou.

Une domination installée depuis 2013

Les Mondiaux ISA exclusivement consacrés au longboard existent depuis 2013. La France y a gagné le classement des nations en 2013 au Pérou, en 2019 à Biarritz, en 2023, 2025 et 2026 au Salvador, retrace la FFS. C’est la première fois qu’elle conserve son titre d’une édition à l’autre.

Des surfeurs de nombreux pays brandissent leurs drapeaux sous une banderole de l’ISA lors de la cérémonie d’ouverture
La cérémonie d’ouverture des Mondiaux, le 16 octobre au Salvador. © ISA / Pablo Jimenez

Et maintenant, les Jeux ?

Le longboard ne fait pas partie du programme olympique, où seul le surf en planche courte est présent. L’ISA milite pour l’y faire entrer : « Notre travail pour amener le longboard aux Jeux olympiques continue, et ce championnat rappelle pourquoi il y a sa place », a déclaré l’organisation à l’issue de la finale. Rien n’est décidé à ce stade.

L’écart final rappelle aussi que la domination française n’a rien d’acquis. Les États-Unis sont deuxièmes pour la deuxième année consécutive, et le Costa Rica comme Porto Rico ont décroché cette année leurs premières médailles, avec des finalistes très jeunes.

Une vague turquoise déroule sur la pointe d’El Sunzal, vue à travers des feuillages au premier plan
La droite d’El Sunzal, à Surf City, qui accueille les Mondiaux de longboard depuis 2023. © ISA / Pablo Jimenez

Cinq fois au sommet

Quatre surfeurs, deux techniciens et quinze points d’avance : la France reste la nation de référence du longboard mondial, et Alice Lemoigne entre seule dans l’histoire de la discipline.