Dimanche 18 octobre à Odense, Alex Lanier a remporté l’Open du Danemark de badminton. Le Caennais de 21 ans, champion du monde en titre, a battu en finale le Danois Anders Antonsen, n°2 mondial, 21-15, 13-21, 21-13 en 1 h 16, rapportent Le Dauphiné (avec l’AFP) et l’agence danoise Ritzau, reprise par Berlingske. Aucun Français n’avait jamais gagné ce tournoi.

Une première en 90 ans

L’Open du Danemark est l’un des plus vieux tournois du monde. La veille, en battant le Canadien Victor Lai en demi-finale (21-19, 21-10), Lanier était déjà devenu le premier Français à atteindre la finale du simple messieurs « en 90 ans d’histoire » du tournoi, souligne la Fédération mondiale (BWF). Il avait échoué deux fois de suite en demi-finale les années précédentes.

Le tournoi est classé Super 750, le deuxième niveau du circuit mondial, l’équivalent d’un Masters 1000 en tennis. C’est le deuxième de la saison pour Lanier et le troisième de sa carrière, selon Ouest-France. En 2024, il avait déjà été le premier Français à gagner un tournoi de ce niveau, rappellent France 24 et l’AFP.

Alex Lanier, maillot blanc, crie sa joie, les deux index pointés, sur le court des Mondiaux de New Delhi
Le 23 août à New Delhi, Alex Lanier devient le premier Français champion du monde de badminton en simple, en battant le Japonais Kodai Naraoka 21-11, 21-11. © Badmintonphoto, via BWF

Le Danois privé de la première place mondiale

La finale avait un enjeu énorme pour le public d’Odense. En cas de victoire, Antonsen, 29 ans, serait devenu numéro 1 mondial pour la première fois de sa carrière, précisent Ritzau et Flashscore. Le Danois arrivait en confiance, tout juste vainqueur de l’Arctic Open en Finlande. Lanier, lui, n’avait plus joué depuis son titre mondial de fin août.

Le Français a mené 9-5 dans la première manche, a vu Antonsen revenir à 13-14, puis a conclu 21-15. Le Danois a dominé la deuxième (21-13) en accélérant le rythme. Dans la dernière, le vent de la salle a de nouveau gêné Antonsen : Lanier menait 11-5 au changement de côté et n’a plus été rejoint. « Je n’avais pas envie de laisser passer cette chance », a résumé le Français, qui s’est dit fier d’un jeu « moins physique, vraiment plus tactique et plus intelligent » (Ouest-France). Il mène désormais 5-2 dans ses duels face au Danois, selon Ritzau.

« Je suis très triste de ne pas avoir réalisé de très grands rêves aujourd’hui. Ça fait mal », a reconnu Antonsen auprès de la chaîne danoise TV 2. Il avait déjà gagné deux fois ce tournoi.

Battre le Danemark chez lui

Gagner à Odense a une saveur particulière. Le Danemark est la grande nation européenne du badminton : lors des premiers championnats du monde, en 1977, il avait remporté trois titres. Depuis, aucun pays européen n’en avait gagné plus d’un lors d’une même édition, jusqu’à la France en août 2026, avec Lanier et la paire mixte Thom Gicquel – Delphine Delrue, rappelle la BWF.

Avant Lanier, aucun Français n’avait même atteint les quarts de finale du simple messieurs des Mondiaux depuis leur création, souligne franceinfo. La France n’avait plus eu de médaille mondiale en simple depuis le bronze de Hongyan Pi en 2009.

Thom Gicquel et Delphine Delrue, maillots bleus de l’équipe de France, se tapent dans les mains après leur victoire à New Delhi
Quelques heures avant Lanier, Thom Gicquel et Delphine Delrue avaient offert à la France son tout premier titre mondial, en double mixte, à New Delhi. © Badmintonphoto, via BWF

Le plus rapide du circuit

Natif de Caen, Lanier n’était pas qualifié pour les Jeux de Paris 2024. Il a ensuite tout enchaîné : premier Français champion d’Europe en simple en 2025, titre européen par équipes, puis champion du monde le 23 août 2026 à New Delhi, d’après RFI. Il est entraîné par Kestutis Navickas, cité par franceinfo.

Sa force est la vitesse. « Ce qui le rend si bon, c’est son rythme. C’est probablement le joueur le plus rapide du circuit. Il ne te laisse pas entrer dans ton jeu », a expliqué Victor Lai, battu en demi-finale, à la BWF. Lanier, lui, assume d’être devenu l’homme à battre : « Tout le monde veut te battre. Moi aussi, j’essaie de me mettre dans la peau de celui qui chasse tout le monde. »

Alex Lanier, en vert, jambes écartées et bras tendus, frappe un volant en extension à l’Open de Singapour
Alex Lanier à l’Open de Singapour 2026 : une extension typique de son jeu, fondé sur la vitesse. © Tooteroo / CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Ce qui reste à prouver

Malgré son titre mondial, Lanier n’est que 8e au classement mondial (AFP), qui cumule les résultats sur toute la saison. Il n’est pas imbattable : Antonsen l’a déjà battu deux fois en sept duels, et la deuxième manche de dimanche (21-13 pour le Danois) a montré qu’un adversaire qui tient son rythme peut le bousculer. Rester au sommet sera plus dur que d’y arriver, maintenant que tout le circuit le prend pour cible.

Le calendrier offre une suite immédiate. Dès le 20 octobre, Lanier dispute les Internationaux de France à Tremblay, un autre tournoi Super 750, cette fois devant son public (Ouest-France).

Alex Lanier, en vert, raquette en main, sur un court bordé de panneaux FFBaD et Calvados, devant des tribunes pleines
Alex Lanier aux championnats de France 2026, qu’il a remportés, sur un court aux couleurs du Calvados, son département. © De Reinal / CC0, via Wikimedia Commons

Deux mois, deux trônes

En août, il était le premier Français champion du monde en simple. En octobre, il est le premier Français à gagner l’Open du Danemark, en battant le meilleur Danois chez lui. À 21 ans, Alex Lanier ne cesse d’ajouter des premières au palmarès du badminton français.