Le Financial Times a publié le 12 octobre son classement 2026 des 100 meilleurs Executive MBA du monde, les programmes de management suivis par des cadres en poste. Deux écoles françaises sont dans le top 5 : SKEMA Business School, 4e avec son Global Executive MBA, et ESCP Business School, 5e. Au total, treize programmes portés par des écoles installées en France figurent au palmarès, dont huit parmi les vingt-cinq premiers.
Un podium à portée de main
La première place revient, pour la treizième fois, au programme conjoint de la Kellogg School of Management et de la HKUST Business School, à Hong Kong. Il devance la CEIBS (Chine) et l’IESE (Espagne), selon le tableau détaillé publié par Planète Grandes Écoles. Juste derrière, la France aligne deux programmes : SKEMA, qui gagne une place après sa 5e position de 2025 et neuf places depuis 2024, et ESCP, qui recule de deux rangs mais reste dans le top 5 mondial pour la cinquième année consécutive.
Viennent ensuite INSEAD (12e), le HEC Paris International EMBA (13e ex aequo) et TRIUM, le programme commun d’HEC Paris, de la London School of Economics et de NYU Stern (15e). Les deux EMBA de l’ESSEC se suivent aux 21e et 22e rangs, NEOMA est 25e, l’EDHEC 26e, KEDGE 30e, emlyon 36e, Audencia 67e et Rennes School of Business 68e, détaille Studyrama.

SKEMA, première au monde pour les carrières
Le Financial Times note chaque programme sur dix-sept critères. Les enquêtes auprès des anciens élèves pèsent environ la moitié de la note, et le salaire actuel et sa hausse comptent pour 31 % du total. SKEMA ne doit pas son rang au salaire : celui de ses diplômés passe même de 394 151 à 361 941 dollars en un an, loin des 649 429 dollars du programme WashU-Fudan, pourtant classé seulement 8e.
L’école décroche en revanche la première place mondiale pour la progression de carrière, un critère qui mesure à la fois la montée dans la hiérarchie et la croissance des entreprises où travaillent les anciens. Elle est aussi 5e pour son réseau d’anciens, en hausse de six places, et 3e pour l’enseignement des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). La satisfaction des diplômés atteint 9,77 sur 10, d’après le communiqué de l’école relayé par Presse Agence.
« La force d’un Executive MBA se mesure à ce que ses diplômés accomplissent à l’issue du programme », résument Anke Middelmann, directrice du programme, et Marine Hadengue, sa directrice exécutive. Le cursus dure vingt mois et comprend quatre semaines en résidence au Brésil, aux Émirats arabes unis, en France et en Chine. Sa promotion compte 90 % de participants étrangers.

ESCP, l’Europe comme salle de classe
ESCP, la plus ancienne école de commerce du monde, se classe 3e en Europe. Son programme arrive premier mondial sur l’enseignement des enjeux ESG et deuxième pour l’expérience internationale des cours, avec 95 % de participants et 94 % de professeurs internationaux, selon le site de l’école. Les participants choisissent leur campus parmi sept implantations (Berlin, Londres, Madrid, Paris, Turin, Beyrouth et Dubaï) ou suivent le tronc commun en ligne, au rythme mensuel ou en semaines intensives, avec plus de 50 cours au choix.
Thomas Jeanjean, directeur général d’ESCP, y voit la reconnaissance d’une mission : « former des dirigeants capables de conjuguer performance et sens ». Francesco Venuti, directeur scientifique de l’EMBA, parle d’« un véritable moteur de transformation », qui pousse souvent les cadres à repenser leur parcours et leur façon de diriger.

Huit programmes dans le top 25
L’édition 2026 marque surtout la densité française en haut du tableau : huit programmes figurent parmi les vingt-cinq premiers, contre sept l’an dernier. Plusieurs écoles progressent nettement. Rennes School of Business gagne vingt et une places, Audencia quinze et NEOMA treize, ce qui la fait entrer dans le top 25. L’EMBA de l’ESSEC remonte de sept rangs et le HEC Paris International EMBA de quatre. L’EDHEC se distingue avec la deuxième place mondiale pour son réseau d’anciens, et TRIUM reste premier au monde pour l’expérience internationale des cours.
Pour la France, l’enjeu dépasse la vitrine. Ces programmes attirent à Paris, Lille, Cergy ou Fontainebleau des cadres dirigeants venus du monde entier, qui y nouent des liens durables avec des entreprises et des enseignants français. Les écoles en tirent aussi une partie de leurs ressources et de leur visibilité auprès des recruteurs internationaux.

Ce qu’un classement ne dit pas
Le palmarès appelle quelques nuances. La France place treize programmes dans le top 100 contre quinze en 2025, et plusieurs de ses têtes d’affiche reculent : INSEAD perd cinq places, TRIUM neuf et KEDGE six. Les promotions interrogées changent chaque année, rappelle Studyrama, et un recul de quelques rangs ne traduit pas à lui seul une baisse de qualité. Les programmes multisites posent aussi une question pratique : le Financial Times invite les candidats à vérifier où l’enseignement a réellement lieu.
Enfin, le poids du salaire dans la méthode favorise les programmes asiatiques et américains, dont les anciens déclarent des rémunérations bien plus élevées. Que deux écoles françaises se hissent malgré tout dans le top 5 tient à d’autres critères : la progression des carrières, l’ouverture internationale et la place donnée aux enjeux climatiques et sociaux.
Une école française de management qui s’exporte
Kellogg-HKUST garde la couronne, mais la France confirme qu’elle compte parmi les tout premiers pays du monde pour former les dirigeants en poste. Avec SKEMA et ESCP aux 4e et 5e rangs, et huit programmes dans le top 25, les écoles françaises de management tiennent leur rang face aux grands noms américains, britanniques et asiatiques.



