En septembre 2026, la France a enregistré 119 307 créations d’entreprises, selon l’Insee rapporté par l’AFP. C’est le plus haut niveau mensuel depuis le début de la série, en 2000. Le total progresse de 1,1 % sur un mois, après le record déjà battu en août.
Un mois à 119 307, au-dessus d’août
Les données sont corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables. Août avait déjà fixé un sommet ; septembre le dépasse encore. Sur un an, la hausse atteint environ 20 %, soit près de 20 000 créations de plus qu’en septembre 2025, selon les chiffres repris par Europe 1.
Le détail compte. Les entreprises individuelles classiques accélèrent encore (+11,6 % sur un mois). Les sociétés suivent (+5,0 %). Les micro-entrepreneurs, qui pèsent environ deux créations sur trois, reculent légèrement (−1,6 %) après le bond d’août. Autrement dit : le nouveau record ne repose pas seulement sur l’auto-entreprise.

Depuis janvier, 971 803 entreprises ont été créées, soit 13 % de plus que sur les neuf premiers mois de 2025. Si le rythme tient, la France dépassera clairement le million d’immatriculations sur l’année civile.
Le paradoxe de la croissance molle
Ce dynamisme tranche avec la conjoncture. L’Insee n’attend que 0,4 % de croissance du PIB en 2026, sous la moyenne de la zone euro. Le chômage a touché 8,3 % au deuxième trimestre, son plus haut niveau depuis 2020. Pourtant, chaque mois, des dizaines de milliers de Français déclarent une activité.
Créer une entreprise, c’est un pari. Que le pari se multiplie alors que l’économie ralentit dit quelque chose de la société française : l’envie d’entreprendre reste un réflexe, même quand les grands indicateurs fléchissent.

Par secteur, septembre favorise le soutien aux entreprises (+4,1 %) et le commerce (+4,0 %). L’industrie recule (−5,1 %), comme les transports et l’entreposage (−3,6 %). Sur trois mois, l’information-communication sort du lot : +55 % de créations par rapport aux mêmes mois de 2025. La tech et les services numériques tirent encore la démographie d’entreprises.
Qui crée, et où ça se voit
Le régime de la micro-entreprise, né en 2009, reste la porte d’entrée majoritaire. Mais le mouvement de septembre est porté aussi par les formes « classiques » : entreprises individuelles hors micro et sociétés. Chez les entrepreneurs individuels classiques, l’Insee signale une hausse « inhabituelle » sur trois mois, notamment dans la vente à domicile (+3 500 créations).

Ce tissu ne se limite pas à Paris. Les chiffres nationaux masquent des dynamiques régionales, mais le message d’ensemble est clair : la France reste l’un des pays européens où l’on crée le plus d’entreprises rapporté à la population, grâce à un formalisme allégé et à une culture de l’indépendant ancrée depuis quinze ans.
Les limites du tableau
Un record de créations n’efface pas les fragilités. Les défaillances restent élevées : 70 766 sur douze mois à fin août, près de 20 % au-dessus de la moyenne 2010-2019, selon la Banque de France. Une partie des micro-entreprises ne réalise jamais de chiffre d’affaires. Le record mesure des immatriculations, pas des emplois pérennes ni des profits.

Il faut aussi distinguer le volume et la qualité. Une SAS qui embauche et une micro-entreprise d’appoint n’ont pas le même poids. Le signal positif, c’est que les sociétés et les entreprises individuelles classiques progressent en même temps que le total historique.

Ce que le record dit de la France
Depuis 2000, l’Insee n’avait jamais vu un mois à ce niveau. En neuf mois, presque un million d’entreprises ont été déclarées. Même avec les nuances sur les micro-entrepreneurs et les défaillances, la France montre une capacité rare : quand la croissance ralentit, l’envie de créer ne s’éteint pas. C’est un atout mesurable, et pour l’instant, il tient.



