Cibox a réalisé 19,2 millions d’euros de chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de 2026, contre 9,5 millions un an plus tôt. Au troisième trimestre seul, la PME francilienne affiche 8,5 millions d’euros, en hausse de 63 %, selon son communiqué du 14 octobre. Derrière ces chiffres, une usine : celle de Revin, dans les Ardennes, où l’entreprise a rapatrié l’assemblage de ses vélos électriques.
45 300 vélos en neuf mois
Depuis le 1er janvier, Cibox a assemblé 45 300 vélos et en a vendu 41 250. Le troisième trimestre a compté à lui seul près de 18 000 vélos. L’entreprise confirme viser au moins 60 000 vélos assemblés sur l’année, un objectif déjà relevé fin août depuis 50 000, comme le rapportait ABC Bourse. En 2025, elle avait produit et vendu environ 24 000 vélos.
Autre repère : avec 19,2 millions d’euros fin septembre, Cibox a déjà dépassé de plus de 30 % son chiffre d’affaires de toute l’année 2025, qui était de 14,7 millions. Les vélos à assistance électrique représentent désormais près de 90 % de l’activité, contre 50 % en 2024.

De la Roumanie à la vallée de la Meuse
Cibox est née en 1995 dans l’électronique grand public. Installée à Alfortville, dans le Val-de-Marne, elle s’est d’abord fait connaître avec des trottinettes électriques conçues en France et fabriquées en Asie. Puis elle a pris un virage : les vélos électriques urbains, pour les trajets du quotidien.
Pour les produire, son PDG Georges Lebre a choisi l’ancienne friche Porcher de Revin, 16 000 mètres carrés au bord de la Meuse. L’assemblage y a démarré début 2025 et l’usine a été inaugurée le 11 juin 2025, a rapporté le Conseil départemental des Ardennes. Ce site a permis d’arrêter la fabrication en Roumanie et en Hongrie, précisaient Les Echos en août. La capacité, de 200 vélos par jour au départ, doit monter à plus de 600.

Un vélo électrique à 1 000 euros
Le positionnement explique une bonne part du succès. Cibox vise des vélos urbains autour de 1 000 euros, quand le prix moyen d’un vélo électrique en France tourne autour de 2 000 euros, selon Les Echos. C’est le segment des gens qui veulent aller au travail ou faire leurs courses sans voiture.
Pour la France, l’enjeu est double. Un produit du quotidien, longtemps importé, revient en partie dans une usine française. Et il le fait dans la vallée de la Meuse, où le département salue des besoins de recrutement à venir. Selon l’Observatoire du cycle de l’Union sport & cycle, la France a produit 512 000 vélos en 2025, en hausse de 3,4 %. Les 60 000 vélos visés par Cibox en 2026 représenteraient à eux seuls l’équivalent de plus d’un dixième de ce total.

Les ambitions affichées
Cibox ne compte pas s’arrêter à 60 000. L’entreprise veut produire 80 000 vélos par an à partir de 2027, selon Les Echos. Lors de l’inauguration, Georges Lebre évoquait à terme 150 000 vélos par an et près de 250 salariés, ainsi que l’ajout d’une ligne de peinture, de la fabrication de cadres et de packs de batteries à partir de 2026. Intégrer ces étapes, c’est passer de l’assemblage à une vraie fabrication.

Un marché qui freine, une PME qui accélère
Le contexte n’a rien d’évident. Le marché français du vélo a reculé de 6 % en volume en 2025, et les ventes de vélos électriques ont chuté de 16 %, d’après l’Observatoire du cycle. Que Cibox double son activité dans ce climat dit quelque chose de son positionnement prix, mais rappelle aussi que la demande globale reste fragile.
L’entreprise reconnaît elle-même les défis d’une telle croissance : approvisionnement, logistique, organisation des équipes et financement du besoin en fonds de roulement. Ses ventes restent modestes en valeur absolue. Et tant que la fabrication des cadres et des batteries annoncée en 2025 n’est pas confirmée, Revin reste avant tout un site d’assemblage. La concurrence des vélos bon marché, dont certains ne respectent pas les normes, pèse aussi sur les prix.

Revin remet les machines en route
Le pari de Cibox tient en une idée simple : un vélo électrique accessible peut se monter en France et se vendre. Neuf mois de chiffres le confirment. Si la cadence tient et que les cadres et batteries suivent, Revin pourrait devenir l’un des principaux sites de production de vélos électriques du pays.



