Le 8 octobre 2026, la 12e édition de BIG a attiré 96 000 participants à l’Accor Arena de Bercy, selon Bpifrance — soit 15 000 de plus qu’en 2025. Nicolas Dufourcq, directeur général de la banque publique, parle d’un record (Challenges).

Un festival d’entreprises

Le programme annonçait plus de 1 000 intervenants, plus de 500 ateliers et conférences, et 70 personnalités sur la scène principale du « Bang ». L’ambiance décrite par les témoins tient davantage du concert que du salon professionnel classique : fosse, gradins, stands à perte de vue (Challenges).

Accor Arena de Paris-Bercy
L’Accor Arena a accueilli 96 000 participants pour BIG 2026. © DiscoA340 / CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le thème de l’année, le « culot », devait servir d’antidote à une société obsédée par la réduction du risque. Dufourcq le résume ainsi : innover, embaucher, y croire malgré les vents adverses.

Macron en surprise, le contexte en toile de fond

Emmanuel Macron s’est invité vers 15 h 30 sur la scène principale, après une annonce de dernière minute. Il a reconnu d’emblée qu’il est « difficile de dire que l’on vit dans un monde enthousiasmant », sur fond de déficit, de budget 2027 et d’incertitude politique.

Façade de l’Accor Arena
Le président de la République a fait une apparition surprise en milieu d’après-midi. © Vilacor / CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Le contraste est assumé. BIG renvoie une image d’optimisme entrepreneurial pendant que le pays doute de ses finances publiques. Dufourcq le dit sans détour : la France doit régler son problème budgétaire, mais elle a des entreprises pour rebondir.

Ce que le chiffre dit vraiment

96 000 personnes dans une arena ne créent pas de croissance à elles seules. Elles montrent toutefois qu’une journée entière consacrée au financement, au recrutement et à l’innovation trouve encore un public massif. Des visiteurs étrangers, présents avant un match de NFL au Stade de France, ont dit être frappés par l’échelle de l’événement.

Accor Arena vue de nuit
Plus de 500 ateliers et 1 000 intervenants figuraient au programme officiel. © Vilacor / CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Le risque inverse existe aussi : transformer BIG en bulle d’enthousiasme déconnectée des carnets de commandes. Dans les allées, les conversations sur le coût du crédit, la fiscalité et les compétences rappellent que le « culot » ne remplace pas un bilan.

Une édition sous tension budgétaire

Le record tombe au moment où la dette publique française approche des niveaux qui inquiètent les marchés. BIG ne résout pas le spread des OAT. Il montre autre chose : la capacité à rassembler encore des dizaines de milliers de dirigeants, cadres et créateurs d’entreprise dans un même lieu, un même jour.

Dufourcq le formule ainsi : dans l’industrie, les services et la tech, l’activité résiste parce que les entreprises n’ont pas le choix. La foule de Bercy illustre cette résistance — et la soif de réseau, de clients, de financement. Les conversations sur le recrutement et le coût du capital n’ont pas disparu des allées ; elles cohabitent avec les selfies sur la scène du Bang (ÉcoRéseau).

Dufourcq, le chef d’orchestre

Nicolas Dufourcq incarne depuis des années cette mise en scène de l’entrepreneuriat français. BIG est son grand-messe annuelle. Le record d’affluence renforce Bpifrance comme agora publique des PME et des start-up, au-delà de son rôle de financeur.

Portrait de Nicolas Dufourcq
Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, annonce 96 000 participants — un record. © Bogdan Hoyaux / European Union, 2023 / CC BY 4.0, via Wikimedia Commons
Nicolas Dufourcq avec Thierry Breton
Bpifrance fait de BIG la grande scène annuelle de l’écosystème entrepreneurial français. © Bogdan Hoyaux / European Union, 2023 / CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Une journée à Bercy n’efface pas la morosité nationale. Elle montre au moins ceci : 96 000 personnes ont choisi de parler entreprises plutôt que de rester chez elles.

Pour Bpifrance, l’édition 2026 valide aussi le format stadium. Tant que l’arena se remplit, le modèle tient. Le jour où l’affluence stagnait, le doute reviendrait sur le « culot » comme récit national. Pour l’instant, le compteur affiche 96 000 — et Dufourcq a son chiffre pour les interviews de l’automne. Une journée ne change pas le déficit ; elle rappelle que le tissu entrepreneurial français sait encore se déplacer en masse.