Chantal Thomas est la lauréate 2026 du prix de la langue française. Le jury s’est réuni le mercredi 7 octobre et la décision a été annoncée sur le plateau de La Grande Librairie, sur France 5. Le prix, doté de 10 000 euros, lui sera remis le 6 novembre à Brive.
Un jury d’écrivains à Brive
Le prix est décerné par un jury composé de Laure Adler, Antoine Compagnon, Olivia de Lamberterie, Étienne de Montety, Jérôme Garcin, Dany Laferrière, Éric Neuhoff et Jean-Noël Pancrazi. Il a été réuni à l’Institut Sothys, partenaire de la Foire du livre (Ville de Brive, communiqué).
« Le jury a couronné Chantal Thomas pour sa liberté, son style et son œuvre de romancière, de mémorialiste, d’essayiste… et pour la manière dont elle sublime la langue française dans chacun de ses livres », a déclaré Jérôme Garcin (Foire du livre de Brive).

Le prix lui sera remis lors de l’inauguration de la 44e Foire du livre de Brive, le vendredi 6 novembre. Elle succède dans ce palmarès à Jean Echenoz, lauréat en 2025 (Brivemag).
Après Ernaux, Ozouf et Echenoz
Créé en 1986 par la Ville de Brive, le prix honore une figure des lettres, des arts ou des sciences dont l’œuvre participe au rayonnement de la langue française. Avant elle, il a distingué Annie Ernaux (2008), Emmanuel Carrère (2011), Mona Ozouf (2015), Hélène Cixous (2014) ou Pascal Quignard (1991) (Ville de Brive).
Le prix récompense une œuvre entière, et une écrivaine qui fait lire l’histoire de France au grand public, du XVIIIe siècle à la Côte d’Azur, dans une langue précise et accessible. L’annonce en direct sur France 5 donne aussi au prix une audience nationale, devant les lecteurs d’Augustin Trapenard.

Une historienne du XVIIIe siècle
Chantal Thomas est romancière, essayiste, historienne et scénariste. Spécialiste du XVIIIe siècle, elle se fait connaître du grand public avec Les Adieux à la reine (Seuil, 2002), récit des derniers jours de Marie-Antoinette à Versailles. Le livre obtient le prix Femina et est adapté au cinéma par Benoît Jacquot en 2012 (Brivemag).
Publiée au Seuil dans la collection Fiction et Cie, elle signe des fictions historiques comme L’Échange des princesses (2013) et des récits plus intimes : Souvenirs de la marée basse (2017), East Village Blues (2019), Journal de nage (2022). Elle a reçu le Grand Prix de la SGDL et le prix Roger Caillois pour l’ensemble de son œuvre, et a été élue à l’Académie française en 2021 (Ville de Brive).

Son dernier livre, Femmes sur fond azur, est paru le 6 mars 2026. Il raconte six vies de femmes liées à la Côte d’Azur, dont la reine Victoria, Marie Bashkirtseff, Katherine Mansfield et Colette (Seuil). Il a reçu le Grand Prix de l’Héroïne Madame Figaro. L’Académie française salue un livre qui « défait le corset des interdits » (Académie française).
Remise le 6 novembre
La remise du prix, le 6 novembre, ouvre la Foire du livre de Brive, l’un des plus grands salons littéraires de France. Elle donnera une nouvelle exposition à Femmes sur fond azur, en pleine saison des prix d’automne.
La limite tient à la nature du prix : il consacre une carrière plus qu’il ne lance un livre. Son effet sur les ventes reste modeste comparé aux grands prix de novembre, Goncourt ou Renaudot. Et la dotation, 10 000 euros, reste symbolique.

La langue récompensée
Après Annie Ernaux, Mona Ozouf ou Jean Echenoz, Chantal Thomas rejoint la liste des écrivains distingués pour ce qu’ils font de la langue. Le prix couronne plusieurs décennies d’une œuvre exigeante et lue, et une académicienne toujours en activité.



