Stéphane Brizé a remporté le prix du meilleur scénario à la 83e Mostra de Venise, le samedi 12 septembre 2026, pour Un bon petit soldat. Il partage la récompense avec ses coscénaristes Coralie Amédéo et Olivier Gorce. Le film sort en France le 25 novembre.
Prix du scénario pour Un bon petit soldat
Le palmarès officiel attribue le « Award for Best Screenplay » à Stéphane Brizé, Coralie Amédéo et Olivier Gorce pour Un bon petit soldat (La Biennale di Venezia).
Le film dépeint « la violence du système capitaliste à travers le parcours d’une cadre des ressources humaines », résume l’AFP (France 24 / AFP). Il dure 102 minutes. Alba Rohrwacher y tient le rôle principal, aux côtés de Vincent Lindon, David Talbot, Adrien Bobinet et Sharif Andoura. Le film est produit par Gaumont et France 3 Cinéma (La Biennale).

Gaumont annonce la sortie en salle le 25 novembre 2026 et présente le film comme « une nouvelle exploration du monde du travail par le réalisateur de La Loi du marché et En guerre » (Gaumont).
Trois prix français à la Mostra
Avec ce prix, le cinéma français termine la Mostra avec trois récompenses en compétition. Le CNC cite aussi le Lion d’argent de la mise en scène pour Dau, d’Ilia Khrjanovski, et le prix Marcello Mastroianni pour Malou Khebizi dans 15/18, de Cédric Kahn. Cinq coproductions françaises sont en outre primées dans la section Orizzonti (CNC).
Le prix du scénario récompense l’écriture, souvent le parent pauvre des palmarès. Il distingue un cinéma qui parle du travail, de l’entreprise et de ceux qui exécutent les décisions, un terrain où la France a peu d’équivalents à l’étranger.

Le film est aussi une production d’un grand studio français, Gaumont, qui obtient une vitrine internationale à deux mois de la sortie. Pour Vincent Lindon, c’est une nouvelle collaboration primée avec le cinéaste, après le prix d’interprétation de 2015.
Le cinéaste du travail
Stéphane Brizé est né en 1966 à Rennes. Il réalise son premier long métrage, Le Bleu des villes, en 1999 (Wikipédia).
Il se fait remarquer avec Je ne suis pas là pour être aimé (2005) et Mademoiselle Chambon (2009). Le tournant vient en 2015 avec La Loi du marché, qui vaut à Vincent Lindon le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes. Suivent En guerre (2018), sur une grève dans une usine, puis Un autre monde (2021), sur un cadre dirigeant pris entre sa hiérarchie et ses salariés. Les trois films forment une trilogie sur le monde du travail, toujours avec Lindon.

Un bon petit soldat prolonge ce travail, avec cette fois une femme, cadre des ressources humaines, au centre du récit, et Vincent Lindon dans un rôle secondaire.
Sortie le 25 novembre
Le film sort le 25 novembre. Le prix vénitien lui donne une visibilité utile pour la distribution en France et pour les ventes à l’étranger. Il pourrait aussi compter dans la course aux César, dont les nominations tombent début 2027.
Mais un prix de festival ne fait pas les entrées. Les films sociaux de Brizé ont des publics fidèles mais limités, et le sujet, la brutalité de l’entreprise vue par une DRH, reste exigeant. Le choix d’une actrice italienne, Alba Rohrwacher, en tête d’affiche est un pari pour le public français. La concurrence de fin d’année, avec les films de Noël, sera aussi rude pour une sortie fin novembre.

La signature confirmée
À 60 ans, Stéphane Brizé obtient à Venise une reconnaissance internationale pour ce qu’il fait de mieux : écrire le travail. Un bon petit soldat arrive en salle avec un prix majeur et la confirmation d’une signature française singulière.



