Alizée Patiès est championne du monde de XTERRA, le triathlon tout-terrain. La Française a remporté le 10 octobre à Ruidoso (Nouveau-Mexique) son premier titre mondial Elite, avec plus de six minutes d’avance sur sa dauphine.
Meilleurs temps à VTT et à pied
Le XTERRA associe 1,5 km de natation en lac, une boucle de 27 km de VTT sur un single-track rocailleux et 10 km de course à pied sur sentiers. L’édition 2026 marquait les 30 ans des championnats du monde (Triathlons.com).
Patiès sort de l’eau du lac Grindstone derrière la Costaricaine Raquel Solis et la Française Emma Ducreux, et entame le VTT en 3e position. Elle prend la tête au premier point de contrôle et ne la lâche plus. Elle signe le meilleur temps VTT de la journée (1 h 20 min 45 s) et le meilleur temps à pied, pour finir en 2 h 36 min 19 s, devant l’Italienne Marta Menditto et l’Australienne Maeve Kennedy (XTERRA).

« La course à pied a été très difficile, surtout le deuxième tour, j’avais mal partout. Je pense que j’avais vraiment donné le maximum à vélo », a-t-elle raconté. « C’est le rêve de toute une vie. »
La France au sommet, chez les femmes
Le XTERRA est une discipline où la France compte depuis longtemps. Arthur Serrières, triple champion du monde, en est l’exemple. Mais cette année, les hommes sont passés à côté : Serrières finit 4e et Maxim Chané 5e, derrière l’Américain Sullivan Middaugh. Patiès a donc maintenu, seule, la France au sommet de la discipline.

Six minutes d’écart, sur une course d’environ 2 h 30, c’est une domination rare à ce niveau. Elle a été la plus rapide sur les deux disciplines qui comptent le plus en tout-terrain.
Du VTT au tout-terrain, après un burn-out
Alizée Patiès est née à Reims en 1995 et vit à Dijon (Wikipédia). Elle a commencé par le judo et la danse, puis le VTT à haut niveau, avant de découvrir le triathlon tout-terrain. Son parcours a été interrompu par un burn-out en 2020-2021, dont elle a parlé publiquement, notamment dans le podcast One Ambition.

Ce passé de vététiste explique sa course : c’est sur le vélo qu’elle a construit sa victoire. Elle est soutenue par la marque de vélos Liv Cycling.
Une discipline peu exposée
Trentenaire, Patiès arrive à maturité dans une discipline où l’expérience compte beaucoup, comme le montre Josiah Middaugh, 6e chez les hommes à 48 ans. Son titre en fait la référence du circuit pour les prochaines saisons.

La limite est la visibilité. Le XTERRA n’est pas olympique et reste peu médiatisé, ce qui pèse sur les revenus et les sponsors des athlètes. Un titre mondial y vaut moins, en exposition, qu’une médaille dans une discipline olympique.
Un titre après la reconstruction
Après un burn-out qui aurait pu arrêter sa carrière, Alizée Patiès a remporté le titre le plus important de sa discipline, avec les meilleurs temps à vélo et à pied. Dans une année sans podium masculin, c’est elle qui maintient la France au sommet du triathlon tout-terrain.



